marie gaston marie anne
Sœur Marie-Gaston et Sœur Anne

Le 24 mai dernier, nous avons eu le plaisir de rencontrer à Castres deux Sœurs de la Congrégation des « Sœurs Bleues de Castres ». Il s’agit de Sœur Marie Gaston et de Sœur Anne, toutes les deux très impliquées dans la Pédagogie Jean qui Rit.

La première s’est formée à Dakar il y a plus de 50 ans, et a adapté Jean qui Rit pour toutes les écoles de la congrégation en Afrique francophone et en Guyane, a formé des centaines de formatrices qui elle-mêmes forment les nouveaux instituteurs, et a formé récemment des jeunes Sœurs en partance pour Haïti.

Ce qui est le plus frappant, c’est le contraste entre le grand âge de ces Sœurs et l’enthousiasme qu’elles ont gardé intact depuis 50 ans, au vue des résultats exceptionnels en lecture et écriture.

La 2ème, Sœur Anne, a été formée par la dite Sœur Marie-Gaston, et a pris la suite de l’épouse du diplomate qui avait commencé Jean qui Rit à la prison de Libreville de manière exceptionnelle. La direction de la prison a octroyé 3 heures par semaine aux jeunes mineurs de la prison. A la fin de leur peine, ils sortent donc avec le bagage de la lecture et de l’écriture, ce qui les aide pour beaucoup à voir l’avenir d’une manière plus sereine, comme ce jeune qui volait, parce qu’il ne pouvait étudier car illettré, et qui a commencé des études  à sa sortie de prison. Vous pouvez retrouver l’intégralité de son interview ici.

Actuellement, les Sœurs font 3 sessions par an, avec 40 stagiaires par session, soit 120 enseignants formés par an. Il y a actuellement 360 enseignants pour 18000 enfants en CP Jean qui Rit  à Kinshasa ! Qui peut, face à de tels résultats, douter de l’efficacité de cette pédagogie, qui fonctionne dans des  classes de 50 enfants ! Mêmes résultats dans les écoles du Gabon…

Jean qui Rit est aussi utilisé dans le centre « VTA » ou « Vivre et travailler autrement », qui accueille les enfants de la rue à Kinshasa.

Actuellement, une Sœur brésilienne venue se former à Libreville, est partie formée des maîtres(ses) à Haïti.

  • La formation des enseignants:

Les enseignants sont formés pendant une semaine, après avoir été « stagiaire » dans une classe auprès d’un enseignant chevronné. Ils ont donc déjà une approche très pratique de la Pédagogie Jean qui Rit. Durant la semaine de formation, les stagiaires prennent des notes qui sont contrôlées par les formateurs. Ceux qui auront atteint un niveau théorique et pratique suffisant recevront une certification Jean qui Rit et se verront affectés à une classe de CP, toujours sous le tutorat d’un aîné au début. Les enseignants utilisent une phonomimie « africaine », une partie des « chants et gestes », ainsi que des chants africains adaptés, et un livre de lecture imprimé localement.

  • l’information des parents

Les parents sont parfois décontenancés devant l’approche gestuelle et chantée de la lecture et de l’écriture, enfin ceux qui n’ont pas encore été en contact avec la méthode. Donc, à la fin du 1er trimestre est organisée une réunion de parents, durant laquelle les enfants vont montrer à leurs parents ce qu’ils ont appris, et vont mettre leurs parents dans le rôle d’élèves pour leur apprendre quelques syllabes. Les parents sont alors ravis et complètement rassurés.

phonomimie afrique A

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