illetrisme
(Dessin de Chaunu)

Souvent, de jeunes parents nous disent: « c’est quoi la différence entre les deux, parce que nous, on ne sait pas trop! » En bref:

  •  en globale, on apprend le mot, puis on le décompose en syllabes, puis en lettres,
  • en syllabique, c’est exactement le chemin inverse: on apprend la lettre, on forme les syllabes, et avec les syllabes on découvre les mots.

Les parents se posent cette question quand leur bambin entre en CP, et essaient de s’y retrouver entre « globale », semi-globale », « mixte », « syllabique », « alphabétique », Alpha, Borel-Maisonny, Boscher, et nous , en plus, on en rajoute une couche: « gestuelle »et « phonologique »!

Il a fallu trouver beaucoup de noms pour emballer la méthode globale qui est censée ne plus exister, et que l’on retrouve encore dans de nombreuses écoles: donc globale, semi-globale, mixte: vous êtes en globale.

Les « Alphas » et « Borel-Maisonny » ont essayé une approche ludique pour la première, gestuelle pour la seconde, mais seule la Pédagogie Jean qui Rit est ludique ET gestuelle! Pour info, le petit à qui j’apprends à lire en ce moment -avec succès, en moins de 3 mois- avec JQR, est d’abord passé par les Alphas et Borel-Maisonny, sans apprendre la moindre syllabe.

merci russe            merci arabe              merci polonais           merci khmer

Pour éviter les démonstrations techniques où beaucoup se perdraient, même si ces recherches ont un réel intérêt scientifique, il nous arrive souvent de donner aux parents un texte, en polonais, en russe, en arabe, en khmer…Puis, comme personne ne parvient à le lire (!), nous donnons quelques ‘mots-outils’, comme on dit à nos enfants, et nous leur demandons de les apprendre par coeur. Là, nos pauvres parents souffrent: ces signes ne leur évoquent rien et sont donc très difficiles à retenir! La conclusion tombe d’elle-même: « vos enfants se heurtent à cette même difficulté face à tous ces mots de leur livre de lecture. »

La seule solution pour ne pas les « noyer » très vite, c’est d’apprendre le CODE, donc les lettres et les phonèmes. Ainsi, tout ce qui ne peut être déchiffré n’est pas proposé à la lecture. Avec du global, la mémoire fait ce qu’elle peut: « le gilet de Mémé » se transforme en « le pull de Mamie »… Et celui qui retiendra sans erreur sera de toutes façons incapable de déchiffrer autre chose. Les enfants ayant une mémoire visuelle parviendront à s’en sortir tant bien que mal, les autres, les auditifs et les kinesthésiques, en seront pour leurs frais, la plupart allant grossir les salles d’attente des orthophonistes pour… dyslexie!

Un jour que nous formions des moniteurs-éducateurs à la Pédagogie Jean-qui-Rit, certains jeunes (20 ans en moyenne), ne purent s’empêcher de nous raconter leur souffrance d’enfant lors de leur propre apprentissage, et la conclusion, unanime, était « et pourquoi on ne nous a pas appris à lire comme ça?! »

Cet apprentissage doit essentiellement être basé sur l’écoute, on écoute les sons dans les mots : avant d’être composés de lettres, les mots sont composés des sons; les lettres sont le support des phonèmes. La méthode Jean qui Rit permettant aux intelligences visuelle, auditive et kinesthésique de se renforcer, personne ne reste sur le bord de la route.

Enfin, cet apprentissage syllabique doit également être très progressif : jamais plus d’une difficulté à la fois. Une méthode syllabique qui ne peut s’empêcher de remplir les premières pages du livre de mots inconnus, ou telle autre qui aborde en même temps les sons proches en pensant simplifier, alors qu’il est beaucoup plus sûr d’apprendre à distance ce qui se ressemble, pour bien « consolider » chaque notion avant d’aborder la suivante, ou encore une autre qui propose des mots beaucoup trop difficiles ou trop longs, va aussi contribuer à décourager l’enfant ! Même une méthode syllabique peut donc s’avérer moins bonne qu’une autre syllabique, pour les raisons évoquées ci-dessus.

N’oublions pas que les enfants de CP sont des petits enfants : l’apprentissage doit donc être ludique et plaisant. Avec JQR, il y a du geste, il y a une histoire, il y a des comptines. Rien de tel pour mémoriser!

Une fois que l’enfant connait le code, il sait lire mais n’est pas encore vraiment ‘lecteur’.   Il faut lire pour devenir lecteur! J’ai une bibliothèque remplie de méthodes de lecture, certaines très anciennes, d’autres contemporaines. Il me semble que lorsque les enfants ont appris le code avec JQR, on peut utiliser n’importe quel livre pour faire lire l’enfant. La difficulté réside juste dans le créneau très précis de cet apprentissage, où la « Pédagogie Jean qui Rit » ne nous a pas gâtés en matière de support.

J’ai pour ma part rédigé un petit fascicule (1) qui a pour but de palier ce manque. Il n’a aucune prétention, et se veut surtout un outil qui ne demande qu’à être amélioré par les utilisateurs. Je complète avec le fameux « En riant, la lecture sans larmes » de R.Jolly, chez Nathan, dont les premiers exemplaires remontent à 1935! Je peux vous assurer que les enfants adorent Toto, Lili et René, ils préfèrent ce livre à d’autres plus récents ou plus colorés !

en riant, la lecture sans larmes                            en riant 2

Et puis « la lecture sans larmes« , c’est bien ce que propose Jean qui « Rit« !

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JQR à Guayaquil (Equateur)

(1) Pour se le procurer, il suffit d’en faire la demande par l’onglet « contact ».