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Ce blog se veut très axé sur l’apprentissage de la lecture au moyen de la Pédagogie Jean qui Rit, or il est très intéressant de constater l’empreinte de Maria Montessori sur cette pédagogie. Il est donc très profitable quand c’est nécessaire de joindre des outils Montessori à l’apprentissage de la lecture JQR: lettres rugueuses, manipulations de syllabes, travail sur ardoise, etc.

Je pense qu’en sens inverse, une classe Montessori pourrait beaucoup s’enrichir de la Pédagogie Jean qui Rit: à toute l’approche pluri-sensorielle extrêmement plaisante et efficace de Montessori serait joint l’apport du chant, du rythme et du geste. Ces derniers éléments ne sont pas présents chez Montessori.

Pour ne pas avoir l’air « hérétique » (pour les puristes de l’une ou l’autre méthode), je citerai de mémoire Maria MONTESSORI elle-même, qui disait que la pédagogie n’est pas un savoir fixe, qu’elle est toujours en évolution, et qu’elle même se sentait trahie par ceux qui faisaient de sa pédagogie un enseignement « figé ».

maria_montessori « Elle estimait que son travail était une contribution scientifique pour le plein épanouissement des potentiels humains, et que cette contribution, par définition, avait vocation à être reprise et développée. […] Ses travaux étaient sacralisés, transformés en pédagogie figée et érigés en principes dogmatiques intouchables; c’est exactement ce qu’elle voulait éviter ». (Céline ALVAREZ -Les lois naturelles de l’enfant- 2016 page 17).

C’est un peu ce que j’ai ressenti en visitant une Ecole Montessori, fort sympathique, mais dont la directrice affirme que ses moyens lui suffisent, qu’elle n’a « besoin de rien », quand je lui parle d’une complémentarité Montessori- Jean qui Rit…

C’est peut-être parce que la Pédagogie Jean-qui-Rit est originellement un « patchwork » d’apports d’horizons très variés qu’il est plus aisé de rester ouverts aux apports et aux échanges pédagogiques, qui ne dénaturent en rien l’intuition première, mais au contraire la renforcent. Le risque existe cependant d’appliquer JQR comme une méthode où tout « écart » serait interdit. Le contact quotidien avec les personnes en quête du « savoir-lire » nous montre au contraire qu’un solide enracinement dans l’intuition originelle permet un développement extraordinaire et renouvelable à l’infini en fonction des publics concernés.

Si un(e) enseignant(e) passant par ce blog voulait tenter l’expérience d’une classe Montessori-JQR, nous serions très intéressés par son expérience !