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D’où vient la minute de silence de Jean qui rit?

A quoi sert-elle?

Sur la page de garde du premier guide Jean qui rit, Marie-Brigitte LEMAIRE remercie Madame LUBIENSKA de LENVAL pour son éducation au silence. C’est donc de ce côté qu’il faut chercher.

Hélène LUBIENSKA de LENVAL était amie de Maria MONTESSORI, elle a formé à Nice, puis à l’école du Père FAURE à Paris, les futures enseignantes MONTESSORI.

Elle défend que l’idée que le silence est indispensable en pédagogie: silence des meubles, des gestes, silence intérieur.

La minute de silence: un court instant pris tous ensemble qui permet de retrouver par le silence extérieur le silence intérieur.

Penser que la minute de silence est un outil parmi d’autres de retour au calme serait très réducteur quant au projet de celles qui ont été nos sources en pédagogie.

La minute de silence ne dure qu’une minute (!), mais elle introduit la place du silence dans notre pédagogie, ce qui exige un travail de réflexion pour sortir de la matérialité de cette « minute » et faire qu’elle enrichisse nos classes et nos maisons. L’éducation au silence chez les grandes pédagogues ci-dessus nommées se retrouve dans tout l’art d’enseigner: respect des rythmes de l’enfant, respect de sa propre réflexion, de la conduite de ses apprentissages, façon de parler aux enfants, ton de voix employé…

Hélène LUBIENSKA de LENVAL va jusqu’à dire que l’adulte peut être un obstacle pour l’enfant (Entraînement à l’attention,p.15) si on force l’enfant à réfléchir selon nos modèles adultes au lieu de le guider « sans se substituer à lui ».

Chaque parent ou chaque enseignant doit se poser la question de la place du silence dans son quotidien avec les enfants. L’apprentissage et le goût du silence rendent possible l’apprentissage de l’autonomie, le silence de l’adulte permet à l’enfant de mener sa propre réflexion, de produire son propre travail : on voit bien comment le matériel MONTESSORI permet aux enfants de réfléchir et de construire leur raisonnement. Une classe MONTESSORI  est souvent présentée comme une ruche d’où s’élève le léger bourdonnement des enfants tout occupés à leurs travaux, dont les libres déplacements se font dans une liberté studieuse. L’apprentissage du silence rend l’enfant acteur de ses apprentissages.

Le silence, c’est quand l’enfant est libre de travailler à son rythme dans un milieu favorable.

Nous sommes donc loin de la minute de silence consensuelle qui émaille notre triste actualité, face aux récents événements. Nos journalistes  et nos dirigeants proposent souvent des « minutes de silence », qui consistent à faire mémoire en silence de personnes décédées. Ces « minutes de silence » nous posent au moins la question de la valeur du silence, du respect qu’il engendre.

Souvenons-nous que, selon l’adage, la parole est d’argent et le silence est d’or!